Comment travailler dans un environnement sain?

Chaque employeur doit respecter une panoplie de règles pour garantir le bien-être de ses travailleurs, ce qui n’est pas une mince affaire. Quelles règles doit-il suivre et comment doit-il s’y prendre?

«Les employeurs ne sont pas forcément au courant qu’il existe le code du bien-être au travail », lance Emmanuelle Boilan, conseillère en prévention, en sécurité et en hygiène du travail au Service externe de prévention et de protection au travail, CESI.

Pourtant, tout employeur doit se conformer à ce code afin de garantir la santé et la sécurité de ses travailleurs. Cette législation englobe plusieurs éléments dont la sécurité, les aspects psychosociaux, l’embellissement de l’environnement de travail, l’hygiène au travail et l’ergonomie.

Tout seul, c’est difficile de mettre en place un système qui réponde à tous ces critères. « En dessous de 20 employés, le directeur peut être lui-même le conseiller. Pour les plus grandes entreprises, il doit y avoir au moins un conseiller interne », précise E. Boilan.

Il est également possible de faire appel à des services externes de prévention et de protection au travail. Le dirigeant d’entreprise doit alors payer une cotisation annuelle pour chacun de ses travailleurs. Cette cotisation peut par exemple comprendre le suivi par un médecin du travail, les conseils d’ergonome, d’hygiéniste du travail, d’ingénieur sécurité…

Les employeurs ne sont pas forcément au courant qu’il existe le code du bien-être au travail.

— Emmanuelle Boilan

Lutte contre le burn out, plan d’évacuation en cas d’incendie, adaptation de l’environnement de travail… les domaines concernés sont variés. Dans bon nombre d’entreprises, les employés restent par exemple assis trop longtemps, ce qui risque de provoquer des douleurs lombaires et d’affecter la santé en général. Or il existe des solutions, comme les bureaux assis-debout, qui permettent d’alterner les positions.

Mathieu Versée, médecin du travail pour spmt arista, conseille pour sa part de bouger: « Allez voir un collègue pour discuter d’un problème au lieu de lui envoyer une dizaine d’e-mails. Il est conseillé d’interrompre les longues réunions et formations ou d’équiper les salles de réunion et de formation de sièges de bureau ergonomiques pivotants. »

Selon lui, on devrait idéalement téléphoner debout, notamment à l’aide d’appareils sans fil. Certaines entreprises utilisent des logiciels de pause qui interrompent automatiquement le travail administratif durant de courtes périodes et proposent des exercices physiques à l’écran. Les technologies de reconnaissance vocale peuvent aussi contribuer à diminuer les troubles dus à la rédaction sur clavier de longs rapports.

Outre la position de travail, il faut également penser à l’aménagement des espaces. Pour réduire les bruits extérieurs, on peut par exemple installer des absorbeurs de son dans une salle de réunion aux portes vitrées. « Grâce à de la moquette au sol et du feutre au plafond, on évite l’effet aquarium et l’écho qui peuvent provoquer un mal de tête », explique E. Boilan.

La qualité de l’air joue également un rôle essentiel pour le bien-être du travailleur. Selon la conseillère en prévention, il faut éviter un air trop sec ou trop humide, le taux d’humidité idéal étant de 40 à 60 %. Le choix de la peinture doit être pris en compte: « Il faut faire attention aux composants des matériaux. Les émissions en composés organiques volatils (COV) que l’on retrouve dans l’air peuvent s’avérer dangereuses pour la santé. Regardez l’étiquette avant de choisir votre peinture. »

Quand l’employeur souhaite concevoir de nouveaux espaces de bureaux, il va consulter un bureau d’études, un architecte, mais il ne pense pas systématiquement à intégrer des conseillers en prévention dans ce groupe de travail, ce qui peut avoir de sérieuses conséquences, avertit E. Boilan: « Le conseiller en prévention arrive souvent trop tard. Tout a déjà été construit et on remarque par exemple que la ventilation n’est pas adéquate, la lumière mal placée. Après, des corrections sont nécessaires, ce qui devient très compliqué à faire. »

Texte Aubry Touriel