Claire-Anne Sevrin,: Écrans en veille – enfants en éveil

De nombreuses recherches démontrent et confirment aujourd’hui les dangers de la télévision plus particulièrement pour les enfants de moins de 3 ans. Ceci est compréhensible au regard du développement des enfants.

Le bébé se développe en portant tout à la bouche, il regarde, touche, manipule, jette, court, expérimente, joue… À travers ces activités, il développe sa motricité fine, ses repères dans l’espace à trois dimensions et sa capacité à interagir avec ce qui l’entoure. Les écrans allumés, tels de jolis jouets colorés, accaparent à cet âge toute son attention et on le comprend, mais risquent de le rendre agité, et peut-être de réduire sa concentration. Ce temps passé devant les écrans, c’est celui qu’il pourrait passer à développer des capacités primordiales pour son évolution.

Le bébé a également besoin qu’on lui raconte des histoires, de feuilleter des livres d’images pour installer les notions d’avant, pendant et après. C’est en se repérant dans le temps grâce aux interactions directes avec les personnes qui l’entourent que l’enfant entre dans le langage. Face à l’écran l’enfant fasciné par la profusion d’images et de voix se montre passif, n’étant que spectateur. Or, pour son développement, le bébé doit être acteur et sentir très tôt sa possibilité d’agir sur ce qui l’entoure.

L’enfant doit peu à peu apprendre à faire face à l’absence, au vide, à l’ennui. Cela lui permettra plus tard de ne pas être dans une avidité de consommation et d’affronter les angoisses de séparation ou les sentiments de frustration. Cela risque de l’entraîner dans une pseudo-satisfaction, rarement apaisée, car le manque est interne et sera difficilement comblé par un objet extérieur.

Soumis aux écrans, le jeune enfant est comme captif du rythme rapide des stimuli. Cet environnement est d’une intensité largement supérieure aux stimulations habituelles de sa vie quotidienne. D’un côté, on recourt aux écrans pour que l’enfant reste tranquille et de l’autre, aussitôt que l’écran est éteint, ce même enfant révèle une agitation croissante.

On peut conclure que le jeu est une activité primordiale qui permet à l’enfant de se développer. Ainsi, l’enfant s’éveille, à l’écart des écrans, en jouant dans la vie quotidienne avec ses proches, et dans les structures d’accueil auxquelles ses parents le confient.

Texte Claire-Anne Sevrin, Directrice Yapaka.be