Joëlle Milquet: La famille: une priorité identique pour tous

©Joelle Milquet

En 40 ans, les familles ont été profondément bouleversées. Et si la composition des familles a beaucoup évolué et bougé les lignes, les valeurs et les priorités restent les mêmes.

Tout d’abord, il n’y a plus « une » famille type avec un couple stable marié. Les familles sont devenues plurielles: nucléaires, séparées, monoparentales, recomposées. En Wallonie, une famille sur trois est monoparentale, et une sur sept est recomposée. La famille ne se définit donc plus avant tout dans le rapport horizontal permanent entre les parents, mais dans le rapport vertical entre au moins un parent et un enfant. En outre, les couples se marient moins et de plus en plus tard.

Il y a également moins de familles nombreuses. En Wallonie, les familles avec un enfant représentent 51 %, celles avec 2 enfants 34 %, et celles avec 3 enfants et plus, 15 %.

La notion même de parents a évolué. D’un couple parental exclusivement hétérosexuel, nous sommes passés à d’autres types de parentalités possibles: homoparentalité, parentalité sociale…

Si les formes et les modalités de vie des familles ont évolué, c’est elle qui continue à nous offrir nos plus grands moments de bonheur.

Les mères ont quitté le foyer pour travailler, transformant le rôle maternel dans le quotidien, créant de nouvelles délégations de la gestion parentale, de nouveaux métiers de la petite enfance, des difficultés de gestion du stress et d’harmonisation du temps privé et professionnel. Le rôle des grands parents est, de ce fait, devenu de plus en plus incontournable.

L’éducation s’est libéralisée, contractualisée, passant d’un modèle de type plus autoritaire à un modèle d’autonomisation croissant des jeunes, et à des rapports de type plus égalitaires et complices entre parents et enfants.

Les enfants restent plus longtemps dépendants, en raison des études allongées, de la précarité de l’emploi ou des coûts de l’immobilier. Un tiers des jeunes Wallons de 25-29 ans vivent encore chez leurs parents, et 10,6 % des jeunes entre 30 et 34 ans.

Les jeunes parents ont des enfants de plus en plus tard pour des raisons professionnelles, sentimentales, économiques, ou de liberté. Les femmes ont dans la foulée des enfants, ou même leur premier enfant, après la quarantaine.

Par contre, le besoin de famille reste plus que jamais prioritaire. La famille est restée le premier refuge. Selon une enquête de Solidaris menée en 2016, 82 % des personnes sondées comptent sur leur famille pour améliorer leur vie. Pour 66 % des sondés, la famille est le seul endroit où l’on se sent bien, 79 % pour les familles monoparentales. En résumé, si les formes et les modalités de vie des familles ont évolué, c’est elle qui continue à nous offrir nos plus grands moments de bonheur!

Texte Joëlle Milquet, Parlementaire Bruxelloise, Chef de file du CDH pour la région Bruxelloise, Conseillère communale du chef de groupe CDH de la ville de Bruxelles