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26 septembre 2018

Gilles Daoust: La passion d’entreprendre
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©Thomas Schurmans

Entré en 2010 dans le groupe de ressources humaines familial, Giles Daoust en est devenu son CEO en 2015. En parallèle, cet autodidacte tâte du cinéma, comme producteur de Title Media, une société belge de films indépendants, active surtout aux États-Unis.

C’est dans son bureau, idéalement situé à Bruxelles à la Porte Louise, que Giles Daoust nous a reçus. Avec l’enthousiasme et la passion d’entreprendre qui caractérisent ce dirigeant, d’à peine 38 ans…

Vous dirigez donc deux sociétés radicalement différentes. Comment, concrètement, vous organisez-vous?
(Sourire) « Cela peut paraître lourd sur papier, mais j’ai de la chance: la société créée par mon grand-père en 1954 se gère la journée, alors que ma société de production de cinéma, qui fête ses 15 ans, se dirige le soir grâce au décalage horaire, en étant basée à Los Angeles… »

Se partager au quotidien entre les ressources humaines et le cinéma n’est finalement pas si surprenant, vu votre parcours…
« En effet! J’ai toujours été intéressé tant par la gestion que par l’artistique. Si j’ai opté pour des études à Solvay, c’était surtout pour leur aspect généraliste. C’est d’ailleurs là qu’à 23 ans et avant même la fin de mon cursus, via le gain d’un concours de création d’entreprises, que j’ai imaginé en 2003 la société Title Films avec un réalisateur, Alain Berliner. Devenue Title Media, elle a bien évolué depuis… »

Une organisation optimale de son agenda est essentielle à l’équilibre de vie.

On peut tout de même là parler d’une certaine précocité, non?
« Oui et non, car la fibre d’entreprendre a toujours été très présente chez moi. Et pour cause, j’ai un père qui a été dirigeant pendant 40 ans et une mère antiquaire, de laquelle j’ai hérité de ma passion pour l’art. J’assume donc pleinement ce côté autodidacte! »

Et c’est il y a 10 ans que vous avez entamé votre parcours dans l’entreprise familiale.
« Oui. Ma boîte de cinéma étant alors lancée, j’ai eu plus de temps de cerveau disponible pour réfléchir à ce que pouvait devenir Daoust. Ce n’est jamais évident d’atterrir dans l’entreprise créée par son père, mais on en a longuement parlé avant que je ne prenne en charge le département marketing en 2010, alors très restreint. Comme je connaissais la culture de la boîte et les gens, la sauce a assez vite pris et en 5 ans, mon spectre de responsabilités s’est élargi, ce qui a conduit mon père à me demander de lui succéder, il y a 3 ans. »

Les choses semblent s’être déroulées progressivement…
« Il le fallait, car nous souhaitions le maximum de clarté et de transparence pour cette reprise, ne fut-ce que vis-à-vis de nos équipes. J’ai repris la direction en janvier 2015, exactement. On a continué le développement de la boîte, en ouvrant une vingtaine d’agences, pour porter le total à une cinquantaine. Nous avons aujourd’hui une équipe de 350 personnes et on fournit du travail à 7000 équivalents temps plein et même à 25.000 personnes différentes par an, pour des contrats de courte ou longue durée. Rappelons que Daoust est une société de services dans le domaine des ressources humaines, avec l’intérim comme métier phare, incluant la sélection de personnel, les métiers liés à l’accompagnement de carrière et les titres-services, qui deviennent importants en Belgique. »

Et le 17 octobre 2016, soit le jour de vos 37 ans, vous gagnez le prix de l’Entreprise de l’année!
« C’était une fierté, car cela récompensait les valeurs de Daoust, symbolisées par nos 2 slogans: Welcome to the Family et We Love Solutions. La première évoque les valeurs humaines (humaines, sociétales…) de l’entreprise, la deuxième met en lumière celles plus entrepreneuriales. Car pour nous, chaque employé est un entrepreneur en soi. On cherche à être bon dans ce qu’on fait, en restant au service des clients, des candidats et des intérimaires. Nous baignons dans des métiers flexibles, où il s’agit de trouver des solutions souvent rapidement, que ça soit dans la recherche d’un travail ou le recrutement d’un candidat. Mais ce sont des idées que mon père, bien avant moi, véhiculait déjà. Raison pour laquelle dans notre communication, nous sommes toujours à deux sur la photo! »

Suite à cette reconnaissance, la société a poursuivi une belle évolution…
« Notre croissance reste forte, avec quasiment 10 à 15 % de plus chaque année. On a grandit de 50 % en 3 ans, mais cela s’est toujours fait de manière assez naturelle, sans rachat ou fusion. Mais pour nous, notre plus grand succès est de pouvoir donner la chance en interne à chacun d’évoluer. Et si le rythme de travail reste assez élevé, il est encore humain! Cela nous permet de maintenir la créativité et l’innovation. Car même dans notre secteur et dans ce monde qui change, il y a toujours place pour innover, qu’il s’agisse de nouveaux programmes informatiques ou de nouvelles manières de travailler. »

De l’importance de pouvoir se remettre en question au quotidien?
« Et comment! La raison de notre réussite actuelle et du titre obtenu d’entreprise de l’année, c’est précisément grâce à cela. Nous ne nous prendrons jamais pour des rois: nous savons que nous faisons de bonnes choses, mais nous n’avons pas la science infuse pour tout! Donc humblement, nous nous devons de savoir écouter et de nous faire critiquer lorsqu’il le faut. C’est aussi cela qui mène à la créativité. Qu’on se trouve dans les affaires, le cinéma, le journalisme ou l’horeca, je pense que chacun d’entre nous est capable d’entreprendre pour être heureux dans ce qu’il fait, même si bien sûr, il ne faut pas ménager ses efforts pour. Qu’importe notre passé, notre éducation ou notre orientation! Mais c’est important d’être passionné. Il n’y a rien de pire que de vivre déçu et frustré. »

…un constat valable aussi au cinéma, non?
« Oui. Mais pour le coup, Title Media, qui est aussi une société familiale puisque mon épouse m’épaule, nous avons l’ambition de faire des choses qui nous plaisent, en grandissant là aussi progressivement, en se laissant porter par les rencontres, avec des coups de cœur personnels. On travaille dans une logique de partenariats, avec une production majoritaire par an et 3 ou 4 minoritaires, essentiellement avec des boîtes américaines. Gérer Daoust et Title Media est formidable, car les deux se complètent sans que je ne sois complètement débordé, y compris sur la vie de famille. Le tout est de pouvoir bien organiser son agenda, pour maintenir un certain équilibre de vie. Heureusement, je pense y arriver (rire)… »

SMART FACT.

Si Giles Daoust n’avait pas été CEO, il aurait été…
« Écrivain! Bien que je sois un peu scénariste, ma maison est remplie de livres et de bandes dessinées. J’ai 38 ans, mais je suis un vieux ringard, chineur dans l’âme et passionné de brocantes. Gamin, je passais plein de temps avec mon père chez les libraires du côté du boulevard Anspach, dans le centre de Bruxelles. Si un jour le monde s’écroulait, je crois bien que je ne ferais plus qu’écrire des romans! »

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