Comment sauver les restes alimentaires?

Quand il s’agit de nourriture, que préfèreriez-vous en faire: la savourer ou la gaspiller? Logiquement, personne ne veut jeter la moitié du contenu de son réfrigérateur à la poubelle et pourtant nous sommes presque tous coupables. Mais est-ce que vos aliments n’auraient pas droit à une seconde vie?

Sous le couvert de nos tâches ménagères, nous vidons régulièrement notre réfrigérateur pour jeter un grand nombre de restes à la poubelle, ce qui signifie probablement l’une des pertes les plus importantes de notre ménage. Mais est-il vraiment nécessaire de vider à chaque fois toutes les étagères de tous les aliments que nous pensons ne plus pouvoir manger?

Le gaspillage alimentaire s’étend pourtant  bien au-delà des déchets occasionnels provenant du réfrigérateur. Dans le monde entier, on gaspille environ un tiers de toute la nourriture, soit environ 1,3 trillion de tonnes par an. « Les fruits et les légumes sont en tête, pas moins de 45 % terminent à la déchèterie »,  explique Helena Gheeraert, fondatrice de Wonky, une entreprise gantoise qui prépare entre autres des sauces trempettes à base de légumes récupérés. « Les déchets alimentaires ont un impact immense sur le climat, puisque le problème entraîne un gaspillage de plus de 20 % d’eau douce et l’occupation de 30 % de toutes les terres agricoles. »

Les rapports de la chaîne alimentaire flamande en 2015 nous montrent une distinction entre les pertes alimentaires comestibles et les flux de déchets alimentaires connexes qui ne sont plus comestibles. « Pour la première fois, nous disposons de chiffres qui donnent une idée de l’efficacité avec laquelle l’ensemble de la chaîne alimentaire, de l’agriculteur au consommateur, traite les matières premières alimentaires », déclare Joke Schauvliege, ministre flamande de la Nature et de l’Agriculture. 74 % des 3.485.000 tonnes de restants alimentaires sont des flux connexes inévitables, tandis qu’un quart représente une vraie perte alimentaire. « Exprimé en chiffres absolus, cela représente 2.578.000 tonnes de flux connexes et 907.000 tonnes de pertes alimentaires sur toute la chaîne.

La chaîne agroalimentaire flamande est fortement engagée dans la valorisation des flux de déchets alimentaires.

Avec ces chiffres à l’esprit, il est évident que le ménage moyen n’est pas le seul maillon de la chaîne responsable du gaspillage alimentaire. J. Schauvliege: « Les recherches montrent que chaque maillon de la chaîne a sa propre responsabilité dans les pertes alimentaires et devrait être capable de participer à la solution. » Une majeure partie des pertes a lieu dans la phase de production, chez les agriculteurs et dans les usines de transformation alimentaire. Selon H. Gheeraert, les supermarchés, qui ne contribuent que pour 5 % au gaspillage alimentaire, ont également une responsabilité importante. « Qu’il s’agisse de gaspillage de la part des consommateurs, comme la surconsommation en cas de campagnes promotionnelles par exemple, ou de la part des producteurs, entre autres en raison des exigences élevées en matière de qualité esthétique. »

Heureusement, toute cette nourriture n’est pas désespérément perdue. 92 % de tous les flux de restants alimentaires sont valorisés, c’est-à-dire utilisés à d’autres fins. La majeure partie (43 %) comme nourriture pour animaux, et une autre partie pour la fermentation (21 %) et l’enrichissement des sols (17 %). « Cela prouve que la chaîne agroalimentaire flamande est fortement engagée dans la valorisation des flux de déchets alimentaires », déclare la ministre. Il existe également plusieurs initiatives engagées, comme la Bourse aux dons par exemple. « Les restants alimentaires actuels peuvent être distribués par l’intermédiaire de cette Bourse aux dons. Ainsi, au cours de la première année, 330.000 kg de restants alimentaires ont été distribués. »

Pour garder leurs fruits et légumes plus longtemps frais, les supermarchés utilisent aussi de plus en plus la technologie dry-mist qui crée une couverture de brume 100 % sûre ayant un effet positif sur la valeur nutritive, l’arôme et le goût des aliments. Mais pourquoi laisser toute la responsabilité aux producteurs et aux supermarchés, lorsque vous pouvez également contribuer à réduire les excédents alimentaires. Dans ce cas, la planification est le mot-clé. « Faites une liste avant de faire vos courses, n’achetez pas vos fruits frais trop à l’avance, organisez et ayez une bonne connaissance de votre réfrigérateur », conseille J. Schauvliege. H. Geeraert préfère être créative en utilisant le plus possible les aliments que l’on a déjà chez soi. « Planifiez chaque semaine une journée de restants, car les restants peuvent être délicieux ! »

L’utilisation de restes et une bonne planification de vos achats ne demandent que peu d’efforts, mais il existe aussi d’autres moyens pour assurer une meilleure conservation. H. Gheeraert: « Le saumurage et la fermentation, par exemple. Ce ne sont pas seulement des techniques à la mode, mais surtout de parfaites méthodes pour vous aider à conserver vos aliments plus longtemps. » En ligne, sur le blog de Wonkyfood.be, vous trouverez également de nombreux conseils que H. Gheeraert souhaite partager.