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26 septembre 2018

L’agriculture durable, les récoltes d’avenir
L
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Il se passe quelque chose dans nos champs. L’agriculture durable y trace son sillon. De plus en plus profond, intelligent et responsable. La Wallonie est en pointe pour ensemencer la tendance.

Dépassée, la culture intensive à grand renfort d’énergie, d’engrais, de matériel. En mode « durable », l’agriculture fusionne désormais trois piliers: toujours l’économique mais surtout l’écologique et le sociétal. « L’agriculteur moderne doit penser: quand j’exerce mon métier je dois autant veiller à être rentable qu’à protéger l’environnement (mon outil de travail) et répondre à l’exigence de qualité du consommateur », souligne Ricardo Pacico, chef marketing et expert en agriculture durable de Wal.Agri. La société fournit semences, engrais, matériel et… conseils aux agriculteurs wallons dont 80 % rempliraient déjà les critères « durables », plaçant la Wallonie en pointe de ce processus.

Mais concrètement, quel processus? Celui d’une pratique agricole raisonnée et informée pour poser les meilleurs choix et actes. Des formations dans ce sens sont données tant par une structure publique comme la Société Coopérative Agricole de la Meuse (SCAM) que par Wal.Agri, société privée. « La clé du changement repose sur la sensibilisation des agriculteurs pros et leur acquisition de connaissances pour les amener aux choix judicieux des techniques et produits, à utiliser au bon moment, au bon endroit et à bonne dose. Exemple, pour utiliser des produits de protection des plantes, l’agriculteur doit avoir une “phytolicence” délivrée après formation. En plus, l’agriculture évolue si vite et sans arrêt au niveau des variétés de semences, des outils, des techniques que la formation doit être permanente », note R. Pacico.

Celui-ci aime aussi tordre le cou à l’idée reçue que s’engager dans le durable, c’est se détourner de la mécanisation agricole. « Ce peut être vrai pour une agriculture plus artisanale et de loisirs, ou de la production bio qui mise plus sur l’humain, mais chez les pros, la machine reste centrale pour le “durable” car une mécanisation adaptée permet de rationnaliser l’énergie et de diminuer engrais et autres produits. »

Tous les maillons de la chaîne alimentaire doivent s’impliquer.

— Lison Hellebaut

Un avis « mécanique » de nature à faire tiquer Lison Hellebaut de Bruxelles Environnement. En charge du dossier agriculture urbaine (en plein boom) et de la conso durable, l’agronome de formation rappelle: « si l’agriculture a une place centrale dans l’indispensable effort vers le développement durable, c’est parce qu’elle est source jusqu’ici de 25 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et que l’alimentation représente pas moins de 30 % de l’impact environnemental d’un ménage. Il faut soutenir les modèles rentables mais à taille humaine et sur les trois niveaux: économique, social et environnemental. Moins intensifs en intrants (énergie, engrais, matériel), plus intensifs en main-d’œuvre, plus orientés vers le circuit court et local », insiste la spécialiste. « Les agriculteurs ont un rôle à jouer mais pas seuls. Tous les maillons de la chaîne alimentaire doivent s’impliquer ».

Ricardo Pacico plaide aussi pour que tombent toutes résistances sur les manières de cultiver et produire. Pour cela, magasins et consommateurs doivent tendre vers le même but. « De toute façon, insiste l’expert, le marché a toujours raison. Si les clients veulent du sain, du bio, du durable, il faut le produire et le leur fournir. Et pourquoi pas avec des labels qui valorisent et sécurisent l’agriculteur dans la voie durable ». Mais avec toute la prudence requise.

Prudence, c’est ce qu’inspire le mot « biotechnologie » à nos experts. « Les solutions en biotechno “verte” n’ont pas vraiment démontré leur efficacité ou leur rentabilité, juge Lison Hellebaut. Elles sont aussi financièrement lourdes, pas appropriables par tous les agriculteurs et éloignent les producteurs des mangeurs. Sans garantir le risque zéro pour la santé ». Plus mesuré, Ricardo Pacico conclut: « Impossible de dire si l’apport de la biotechnologie – notamment en sélection variétale ou en production de molécules – , est un bienfait. Seule certitude, elle doit être utilisée à bon escient et être étroitement contrôlée ».

Texte Fernand Letist

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