L’entretien d’embauche, c’est un parcours d’équilibriste

Pour décrocher le job de ses rêves, il faut passer par la case entretien d’embauche. Un moment parfois difficile pour les jeunes qui sortent de l’école mais qui peut très bien se passer si on y est correctement préparé. Petit tour de ce qu’il faut faire et ne pas faire.

Le premier entretien d’embauche est souvent source de stress pour les jeunes qui sortent de l’école. Il faut paraître motivé, sans trop en faire, savoir se vendre mais pas se vanter, connaître son cv, mémoriser les caractéristiques de l’entreprise. Bref, c’est un véritable examen oral. Pour réussir cette évaluation, il faut donc se préparer.
Marie-Astrid Carlier est senior manager chez Walters People et gère les équipes de recruteurs chargés de placer les financiers dans le job qui leur correspond. Elle connaît donc bien le monde des entretiens d’embauche. « La première chose à faire, c’est bien comprendre le descriptif de fonction », explique-t-elle. Un candidat qui se retrouve à bégayer sur une abréviation liée à son futur travail donnera à tous les coups une mauvaise image. Ensuite, il faut se connaître soi-même, pour être sûr de postuler au bon endroit. « Certains conviennent pour des PME, d’autres pour des grosses entreprises, c’est lié à la personnalité et aux compétences de chacun », poursuit la recruteuse. L’étudiant ne doit ainsi pas hésiter à demander à ses parents, ses amis où ils le voient le mieux.

La préparation ne s’arrête pas là. Le futur employé doit évidemment connaître la société pour laquelle il souhaite travailler. Marie-Astrid Carlier conseille de se documenter, de suivre l’actualité de l’entreprise et, dans le cas de la finance, de mémoriser les états financiers. Elle recommande également de se renseigner sur la personne qui recrute, en consultant son profil LinkedIn, par exemple. « Cela donne l’image d’une personne curieuse. » Une qualité souvent recherchée à l’heure actuelle, avec la débrouillardise, même si les compétences diffèrent évidemment d’un job à l’autre et d’un recruteur à l’autre. « J’aime les personnes assez extraverties, qui osent sortir des sentiers battus, mais mon collègue va lui préférer les souris grises qui ne se font pas remarquer », note M.-A. Carlier. Mieux vaut alors jouer la sécurité et rester relativement neutre. « C’est
un parcours d’équilibriste », ajoute la professionnelle.

J’aime les personnes assez extraverties, qui osent sortir des sentiers battus

– Marie-Astrid Carlier

Au-delà de la préparation aux questions, le candidat doit également veiller à sa présentation. Murielle Denis, coach en image, organise des formations avec des jeunes en vue de l’entretien d’embauche. Elle confirme l’adage, la première impression est cruciale. « Il faut garder chez soi l’originalité et être le plus sobre possible », dit-elle. « Pas de maquillage trop voyant pour les filles, pas de coiffure trop spéciale et surtout, pas de baskets et de jeans, sauf si on postule pour un travail d’ouvrier, par exemple. » Une chemise dans les tons bleu ciel ou blanc donnera une impression de netteté, avec ou sans cravate, selon l’entreprise. Les filles, enfin, doivent éviter les décolletés trop plongeants. La recruteuse M.-A. Carlier précise: « mieux vaut en faire trop que pas assez pour montrer qu’on est professionnel. »

La coach en image insiste ensuite sur le langage corporel. « Les jeunes doivent se redresser et regarder droit devant eux, plutôt que d’être en position de victime avec les jambes arquées comme s’ils attendaient le bus. » Murielle Denis leur conseille ainsi de tirer sur le bassin, mais aussi de travailler leur démarche pour démontrer leur dynamisme. « Ils doivent adopter ces postures d’assurance dès leur entrée dans l’entreprise, dans les couloirs, car ils peuvent être observés. » Et ne pas négliger la poignée de main. « J’ai souvent des petites mains molles, moites ou hésitantes qui ne donnent pas une bonne impression », témoigne la spécialiste en image. M.-A. Carlier la rejoint et conseille aux personnes stressées d’arriver bien à l’heure et d’aller prendre un thé dans le quartier pour se détendre.

Pour se préparer correctement à leurs premiers entretiens, les jeunes ne doivent pas hésiter à s’entraîner et à faire appel à une agence de recrutement. Walters People, par exemple, a édité un guide pour préparer les candidats à l’entretien d’embauche. Enfin, il faut être proactif et demander des retours de la part de l’employeur en cas de réponse négative. Pour apprendre de ses erreurs.

Tekst Elise Lenaerts