Un booster pour l’étudiant entrepreneur

Entreprendre pendant qu’on est étudiant permet aux jeunes d’acquérir une première expérience dans l’entrepreneuriat. À travers cette dernière, ils peuvent développer ou découvrir leur capacité à créer ou à gérer des initiatives personnelles de façon autonome.

Arnaud Deplae, Secrétaire général, Union des Classes Moyennes

Comment démarrer un projet quand on est étudiant et comment obtenir du financement?

« Il faut d’abord une idée et du courage! Ensuite, il faut s’informer. Les universités et hautes écoles collaborent avec des structures d’accompagnement qui peuvent évaluer le projet, donner des conseils, fournir des contacts utiles, y compris pour obtenir du crédit. Il n’existe pas de financement spécifique pour les étudiants. Comme tout starter, ils peuvent faire appel à une banque, qui demandera des fonds propres et/ou des garanties, et aux structures publiques, comme Sowalfin, Finance Brussel. Le crowdfunding, le crowdlending ou, en Wallonie, le prêt Coup de Pouce, sont aussi des sources possibles. »

Quels sont les avantages et inconvénients d’entreprendre en étant étudiant?

« Depuis janvier 2017 existe le statut d’étudiant-entrepreneur. Il est réservé aux jeunes entre 18 et 25 ans qui suivent au moins 27 crédits de cours par an ou 17 heures par semaine. Il permet de ne payer aucune cotisation sociale jusqu’à 6.775 euros de bénéfice par an, de rester fiscalement à charge de ses parents et même de garder le droit aux allocations familiales. De 6.775 à 13.550 euros, il faut payer 20,5 % de la différence entre ces deux montants. Dans le cas – rare – où les gains dépassent 13.550 euros, la cotisation de 20,5 % s’applique sur la totalité du montant. Il faut noter que cette cotisation ne procure aucun avantage complémentaire par rapport aux droits sociaux ouverts par les parents. C’est un versement dit “de solidarité”. »

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants pour réussir dans l’entrepreneuriat?

« Il faut un bon projet, si possible une idée innovante, dans un domaine qu’on aime et où l’on peut exceller. La décision doit être réfléchie. Il faut bien réaliser qu’un entrepreneur doit proposer un bien ou un service de qualité. Mais il doit aussi gérer son affaire, se différencier, se faire connaître. Personne ne possède toutes les compétences exigées d’un nouveau chef d’entreprise. Il est donc indispensable d’accepter des conseils et un accompagnement, voire de se former. Réaliser, avec une structure spécialisée, un business plan est indispensable pour convaincre des investisseurs. Il est également essentiel de ne pas rester seul. S’insérer dans un réseau d’entrepreneurs permet de nouer des relations utiles, de profiter de l’expérience de ses collègues, voire de trouver de nouveaux fournisseurs ou clients. »


Véronique Flammang, Conseillère au 1819 chez hub.brussels

Comment démarrer un projet quand on est étudiant et comment obtenir du financement?

« Comme tout entrepreneur, tout commence par une bonne idée, un besoin identifié autour de soi ou dans la société et auquel on a une solution à apporter. Quand le projet est mûr, l’étudiant peut se lancer sous le statut d’étudiant-entrepreneur. C’est un statut avantageux qui permet de ne pas payer de cotisations sociales jusqu’à un certain plafond. Pour les financements, le chemin est le même que pour tout entrepreneur: lever des fonds auprès de proches, via du crowdfunding. Un vaste réseau est certainement un atout. »

Quels sont les avantages et inconvénients d’entreprendre en étant étudiant?

« Les avantages sont nombreux. Les étudiants peuvent d’abord bénéficier de cotisations sociales avantageuses. Ils n’ont pas de charge de famille, une certaine flexibilité, une acceptation du risque et une énergie débordante. Souvent, ils peuvent compter sur un super réseau, une présence active sur les réseaux sociaux, utiles en cas de crowdfunding, par exemple, des amis dans plusieurs secteurs qui peuvent aider à faible coût en demandant à un pote de faire le site Web par exemple. Du côté des désavantages, ils n’ont pas de matelas financier et doivent tenir compte des cours et du rythme de l’année académique. Il peut aussi arriver qu’ils aient un manque de connaissance de la “vraie vie”, une ignorance des obligations administratives. »

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants pour réussir dans l’entrepreneuriat?

« Se faire accompagner. Un tas d’initiatives sont répertoriées sur YET (Young Entrepreneurs of Tomorrow), la plateforme mise en place par la Région bruxelloise pour aider les étudiants qui veulent entreprendre. Ces initiatives sont organisées par certaines hautes écoles et universités qui ont mis en place des programmes spécifiques (EPHEC entreprendre, Start lab Solvay, Start lab ICHEC), mais, ces étudiants peuvent aussi développer leur idée au sein d’un accélérateur hors campus et suivre une formation collective couplée à un accompagnement individuel pour valider leur idée et développer leur projet: (Boost your project, Be Starter). »


Virginie Losson, Coordinatrice de YET chez hub.brussels

Comment démarrer un projet quand on est étudiant et comment obtenir du financement?

« Sans hésiter, appeler le 1819. Quand on veut entreprendre, on ne sait par où commencer, et c’est d’autant plus le cas quand on est jeune. On est confronté à trop de questions. Les conseillers du 1819 sont armés pour écouter, orienter et lister les premières priorités. Ils conseilleront de demander à leur établissement scolaire le statut d’étudiant académique pour développer leur projet entrepreneurial. Ce statut offre une série d’aménagements (horaires de cours/d’examens, étalement, encadrement du projet entrepreneurial, mémoire sur son projet d’entreprise) lui permettant de mener de front ses cours et ses activités d’entrepreneur. »

Quels sont les avantages et inconvénients d’entreprendre en étant étudiant?

« On peut surtout parler d’avantages. Il est déjà financier. C’est une manière de gagner un peu d’argent en plus. Et si l’étudiant échoue, il ne perd rien. Le jeune n’a rien à perdre, le risque qu’il encourt est bien moindre que lorsqu’on a déjà une situation établie. Pas de carrière à laquelle renoncer, de famille à nourrir ou de dettes à payer. C’est pourquoi le plus gros risque de cette génération est de ne pas prendre beaucoup de risques le plus vite possible. »

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants pour réussir dans l’entrepreneuriat?

« Ils peuvent découvrir le b.a.-ba de l’entrepreneuriat en passant par la Start Academy, un programme de projets de création d’entreprise accessible à tous les étudiants des universités et hautes écoles. Ensuite, ils peuvent penser à YET et à la stratégie régionale Young Entrepreneurs of Tomorrow pour trouver les infos et les bons contacts pour se faire accompagner ou fréquenter les espaces de co-working. Cela leur permettra de s’inspirer d’autres, de participer à des évènements de networking, à des hackatons. Qu’ils n’hésitent pas non plus à tester leur idée en participant à des concours ou en créant leur MVP (Minimum Viable Product). Et enfin à profiter de certaines bourses pour aller s’inspirer à l’étranger. »