Michel De Maegd: ‘Parents en 2018, mode d’emploi simplifié!’

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« Les enfants commencent par aimer leurs parents; devenus grands, ils les jugent; quelquefois, ils leur pardonnent ». Cette citation d’Oscar Wilde sonne comme un avertissement: n’essayez pas d’être des parents parfaits, cela n’existe pas!

Et pourtant. Combien sommes-nous à déployer des trésors de patience, d’énergie, de résilience parfois, d’amour, souvent et heureusement, pour voir nos bébés, devenus grands, s’épanouir en ados conquérants? 

Parent en 2018
Être « parent » en 2018? C’est un emploi à plein temps disent les uns! C’est un sacerdoce disent les autres! J’ajouterais (car parfois on a tendance à l’oublier) que c’est aussi un choix! Et « choisir, c’est renoncer » dit le proverbe… Renoncer à bien des grasses matinées, aux samedis et dimanches sans navettes, aux nuits insouciantes une fois nos enfants de sortie, à une soirée tranquille après la journée de boulot harassante. « – Papa, tu peux m’aider pour ma dissertation en français? – Maman je comprends rien aux mathématiques! – Tu pourras me repasser ma tunique j’en ai besoin pour… hier – Tu m’as pas fait de pique-nique? – T’oublieras pas de venir me chercher? »

Occupation multitâche
Être père et mère, c’est une occupation multitâche: le canif suisse de l’éducation! La flexibilité poussée à son paroxysme; la polyvalence du stakhanoviste… Dans le tumulte des rappeurs, des folles technologies et des applis en tout genre, c’est aussi une lutte désespérée contre la ringardise qui rôde et nous guette. Car être ringard aux yeux de nos enfants, c’est déjà « une petite mort »…

Comme si nos enfants rendaient la copie parfaite du brouillon de nos vies qui s’égrènent.

Miroir
À moins qu’être parent, c’est accepter de regarder dans le miroir du temps: « c’est tout toi quand tu étais petit » me dit ma mère en voyant mon fils Victor dans l’album de famille… Et si c’était le plus beau des compliments? Si la vie donnée n’était qu’un éternel recommencement, mais en mieux, bien sûr… Comme si, espérance folle, nos enfants rendaient la copie parfaite du brouillon de nos vies qui s’égrènent… Et si leurs succès, leur vitalité, leur force, leurs rêves, étaient aussi un peu les nôtres? Si être parent n’avait en fait rien d’un emploi à plein temps, d’un sacerdoce? Si c’était juste un état de grâce? 

Être ou avoir?
Dans le langage courant, on dit « avoir des enfants » mais « être parent »… et si on préférait « l’être » à « l’avoir »? La présence à la performance? Nous accepterions nos faiblesses, nos actes manqués, nos failles, notre imperfection et nous réinventerions Oscar Wilde en écrivant « les enfants commencent par aimer leurs parents. Devenus grands, ils les respectent, quoi qu’il arrive, ils leur pardonnent »!